UNE EXPERIENCE

Aller en bas

UNE EXPERIENCE

Message  Esteban Marco le Jeu 16 Avr - 13:21

Me revoiloù...

Je n'ai pas d'expérience personnelle à vous soumettre mais des bouts d'histoire, des tranches de vie professionnelle qui ressemblent de près ou de loin à ce que certains décrivent, j'en ai quelques une. Je me disais que j'ai remarqué que nous étions une bonne cinquantaine sur ce forum et que peu poste des sujets ou des réponses... Je ne peux croire que personne n'a jamais entendu parler de choses analogues dans son institution...
Par manque de temps, je ne posterai pas aujourd'hui une telle tranche de vie d'"autrui" mais je vais m'y atteler!

Bon vent à ce forum

Marco

Note à l'administrateur : je n'ai pas reçu le questionnaire dont on a parlé par mail.

Esteban Marco

Messages : 9
Date d'inscription : 11/04/2009
Age : 43
Localisation : Mons

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Une autre expérience

Message  Admin le Dim 1 Mar - 0:45

Témoignage recueilli sur le post Questionnaire sur la personne burnoutée. J'ai déplacé ce sujet afin qu'il corresponde plus au témoignage sur l'expérience!
"J'ai 41 ans. Je suis mariée, un enfant, mon mari est chauffeur de car scolaire. je suis éducatrice en hébergement.
Causes de mon burnout : nous avions élaboré un grand projet avec à la clef une exposition ouverte au public. Pour mener à bien ce projet, j'ai été libérée de mes plages fixes en hébérgement pour me consacrer entièrement à ce projet. Nous avions le temps, jusqu'au jour ou un responsable a décidé sans nous concerter d'une date butoir pour l'exposition, elle fut rendue publique auprès des autes institutions et de la direction,il nous restait trois mois et nous n'avions pas fait le 10 ème du travail à faire. J'ai donc relevé le défis et bossé à fond, sacrifiant jours de congés et week-end, en oubliant la fatigue physique et le stress de ne pas y arriver. L'expo a bien eu lieu et était un succés. L'ambiance était au beau fixe avec mes collègues et les responsables. L'expo a duré une semaine. Tout cela terminé, j'étais physiquement épuisée et reprendre mon travail habituel m'a enfoncée chaque jour un peu plus. Je n'arrivais plus à reprendre un rythme normal, je continuais de courrir alors que je n'avais plus "de but". çà c'était le gros point noir, je n'avais plus de but quand je venais travailler
. Pourquoi? j'avais dépassé un stade de fatigue physique et psychique que je ne contrôlais plus. Je ne dormais plus, je ne mangeais plus et je ne cessais de travailler sans arrêt même chez moi, je ne tenais plus en place, je n'arrivais plus à m'arrêter pour simplement me reposer et prendre du temps pour moi. Je trouvais toujours quelque chose à faire pour éviter les temps vides que je n'arrivais plus à gérer. Je me rendais compte que quelque chose n'allait pas et je ne savais pas pourquoi.J'étais de plus en plus déprimée, je m'isolais de ma famille, je fuyais mes collègues, bref la descente! Je suis allée consulter un médecin après avoir perdu 8 kilos en un mois, celui-ci voulait m'hospitaliser pour me reposer mais j'étais incapable de prendre cette décision, peur de devoir le dire à mon entourage et surtout que leur dire pourquoi. Je ne me sentais bien null part ni chez moi ni au travail, croiser des gens était un supplice, je me sentais peu à peu envahie par les autres, la moindre tâche aussi petite soit-elle était pour moi une montagne, je ne gérais plus rien, j'oubliais tout, j'avais des idées noires, au travail, j'avais des problèmes de concentration très importants....je devais réfléchir beaucoup pour effectuer une simple tâche, j'avais peur à chaque fois que j'allais travailler qu'on me pose des questions ou qu'on me demande de faire quelque chose de trop compliqué. Finalement, c'est un responsable qui a pris une décison pour moi : arrêter de travailler une longue période et consulter un médecin. Là, j'ai accepté, soulagée que quelqu'un prenne cette décision pour moi. Je faisais une dépression, je ne l'acceptais pas mais c'était pourtant réel. J'ai donc consulté et arrêté de travailler quelques temps. Au début je tournais en rond, j'étais mal, je culpabilisais, je pleurais, j'étais perdue,je ne tenais pas en place, mais peu à peu avec le médecin, j'ai réussi à m'en sortir, pour reprendre beaucoup plus tard le travail sereinement. J'ai tiré des leçons de cela et dés que je n'arrive plus à me reposer car trop "speed", trop stréssée ou quand je me sent envahie par les autres, je sais que c'est un signe chez moi qu'il faut tout de suite faire une pause pour ne pas revivre tout cela. Il y a 9 ans que cela s'est passé, j'éspère ne plus revivre cela, je me sentais incomprise alors que tout le monde essayait de m'aider, je prenait cela comme une agression. J'ai mis 4 mois à m'en remettre vraiment. La reprise du travail a été assez facile car bien entourée par mes collègues et responsables en qui je ne voyais plus des intrus.Je pourrai en parler pendant des heures, ceci n'est qu'un condensé de ce que j'ai vécu et senti.
Nancy"




Ce témoignage nous a été livré par Nancy, qu'elle en soit ici remerciée...

Admin
Admin

Messages : 173
Date d'inscription : 03/11/2008
Age : 52
Localisation : Charleroi

Voir le profil de l'utilisateur http://burnout.1fr1.net

Revenir en haut Aller en bas

UNE EXPERIENCE

Message  Admin le Mar 30 Déc - 15:09

Je me suis permis de copier l'intervention de Taupe et de l'insérer dans ce contexte qui rejoint plus le sujet. En effet, Taupe ne nous parlait pas des phases du BO mais bien d'une certaine expérience...
Admin



"j'avais envie de développer autour de toutes ces petits choses du quotidien qui nous epuise...


je vais commencer tres simplement par une phrase de jacques salome dans son anti-charte de vie relationnelle dans mon travail




quand je ne suis pas reconnu.
quand je me sens critiqué et jugé
quand mon point de vue n'est pas entendu
quand je ne reçois aucune gratification et valorisation
quand je ne suis qu'un éxécutant
quand je m'ennuie
quand je ne peux me reconnaître dans l'incompétence de mes supérieurs

je deviens alors un éxécutant bête et passif, parfois même con et méchant

(même si je ne le montre pas toujours au grand jour)

ce qui épuise au quotidien c'est mon chef de service qui ne prend pas de décision et qui laisse son équipe dans le doute de l'action à mener et de la réponse à apporter
c'est mon chef qui oublie que chaque jour que c'est nous qui sommes confrontés à la violence des paroles et des actes
c'est mon chef qui dénie les actes dont j'ai été victime me faisant passé pour une incompétente auprès de la direction

et ce qui m'épuise le plus c'est de ne pas pouvoir trouver les mots pour dire ma colere, ma haine de ces fausses reponses que l'on me fait...

ce qui m'epuise , ce n'est pas mon travail aupres de personnes en difficulte sociale, c'est l'absence de cadre sur tout les plans...
je n'arrive pas a comprendre que notre travail soit aussi mis a mal par ceux- la meme qui nous "dirige"....

si quelqu'un a les mots pour dire , qu'ils me le disent tres vite!!!!!

merci"

Posté par Taupe le Vendredi 19 Décembre 2008 sous le titre : "ce qui m'épuise" dans le post : PHASES DE LA PERSONNE BURNOUTEE initié par Anbar

Admin
Admin

Messages : 173
Date d'inscription : 03/11/2008
Age : 52
Localisation : Charleroi

Voir le profil de l'utilisateur http://burnout.1fr1.net

Revenir en haut Aller en bas

UNE EXPERIENCE

Message  ANBARP le Mar 30 Déc - 13:28

Bonjour à tous
Ce récit, retraçant succinctement ma propre expérience professionnelle a pour but de relancer les réactions des collègues et aussi un élément de réponse au sujet proposé concernantles phases de passage.
Je vous en souhaite bonne lecture.
Anbar

Il y a dix-sept ans, je voulais changer d’emploi et le secteur social m’en a offert un. J’avais trouvé que l’idée de travailler avec l’humain, se sentir utile pour une vertu idéologiquement reconnue : répondre aux besoin de l’autre, s’occuper d’autrui…..correspondait à un désir que j’éprouvais depuis mon arrivée en France. J’avais accepté un contrat de travail en tant que candidat élève éducateur, alors que j’avais un diplôme bac+5. Mon employeur m’avait proposé de revoir ce contrat après une période d’essai qui avait duré deux mois. Ensuite, j’ai accepté un c.d.i. en tant qu’animateur deuxième catégorie (contrat absolument conventionnel : 1966). Je n’étais animé que par ma volonté, par la noblesse de ce type de métier, et bien entendu par la pérennité de mon emploi. Ma rencontre avec le directeur-adjoint à l’éducation de l’époque était très bénéfique et fructifiante quant à l’apprentissage du métier d’éducateur en internat. Au fil des années, j’ai acquis un certain savoir faire, des compétences qui m’ont mené vers l’acquisition d’une assise professionnelle, reconnue par mes pairs, par ma hiérarchie, par certains partenaires, et enfin par certains jeunes. Mon souci consistait à trouver les moyens pour maintenir cette assise, et pour m’y maintenir. Il était alors fondamental pour ce faire, de m’inscrire dans un processus de questionnements, d’analyses, d’échanges constants pour réajuster, adapter et m’adapter aux évolutions pour à la fois répondre aux exigences du métier et alimenter mon assise professionnelle. Ce processus continue encore aujourd’hui à opérer et j’en ai fais un cheval de bataille contre tous les facteurs endogènes ou exogènes à l’exercice de ce métier. La reconnaissance, l’autosatisfaction et la jouissance étaient constamment au rendez-vous et certains usagers me le rendaient bien.
J’ai toujours pris une part très active dans toutes les commissions de réflexions, d’élaborations de tous les outils institutionnels mis en place dans l’institution, de la refonte du projet de l’établissement en 1994, à l’élaboration et la mise en place du référentiel des bonnes pratiques en vue de l’évaluation interne, en passant par le livret d’accueil pour les jeunes.
L’arrivée de la V.A.E. m’a permis de formaliser ma conception du métier, mes pratiques au quotidien, et faire part de mes positions quant aux projections concernant le métier. Ceci m a permis d’acquérir le diplôme d’éducateur spécialisé en décembre 2005 (en validant les quatre fonctions, sans bénéficier d’accompagnement pour cette démarche). Aujourd’hui j’envisage de m’engager dans la formation pour le C.A.F.E.R.U.I.S. et je suis officieusement positionné comme chef de service dans une structure qui verra le jour en septembre 2009.
Ce parcourt a marqué plusieurs phases dans ma vie professionnelle. Je n’avais jamais, tout le long de ces années, pu desceller le mal qui pernicieusement s’installait. Ma lutte interne et continuelle pour assurer ma survie relevait de l’instinct (puisque je ne me suis pas rendu compte de mon épuisement et de ma brûlure interne).
Le retour, à posteriori, vers ces vécus me conduit à décliner les phases suivantes de mon propre passage par ce syndrome. Je ferai ainsi un lien avec le sujet proposé sur ce forum portant le même titre : PHASES DE PASSAGE DE LA PERSONNE BURNOUTEE
A mon sens ils existent trois phases qui caractérisent cette situation :

1. LA PHASE CONTEXTUELLE
J’entends par ce terme le rapport du professionnel avec le contexte dans lequel il exerce son métier. Toutes les harmonies, les réalisations, les dysfonctionnements, les dérives, la coercition ont un impact direct sur l’Etre professionnel.
Par le contexte j’entends : l’usager et le réseau associé, l’établissement, l’association, l’institution, les tutelles ministérielles, les textes émanant de celles-ci qui doivent faire cadre, …..et la liste n’est pas exhaustive.

2. LA PHASE D’EXPRESSION
Je caractérise cette phase par le fait que le professionnel commence à exporter ses ressentis sur l’autre et particulièrement sur les individus avec qui il est en lien, l’usager, collègues, supérieurs hiérarchiques, …etc. Voire, des fois, ramener ses ressentis au sein de sa propre famille, laquelle se trouve des fois démunie pour apporter des réponses. Quant à notre ami le professionnel, il se sent incompris, esseulé.
Je pense que c’est dans cette phase qu’il adopte la position de l’enferment sur lui-même : ne souhaite plus partager ses avec les autres, reste animé par la conscience qu’il a de son travail, respecte ses engagements avec ou sans conviction, et peut même être agressif et violent dans ses propos lorsqu’il est convaincu de ses positions. Cette enferment nous amène à la dernière phase.

3. PHASE DE L’APPEL DU CORPS
Si mon propos est clair on dirait que le corps ne supporte plus le poids de cette intériorisation, et du coup de ces souffrances quotidiennes et finit par interpeller. Je ne suis pas spécialiste en la matière mais je dirai que ces appels se manifestent par des maux de dos, de somatisation, de guérisons incomplètes…..

En définitive, cet énoncé ne reflète que mon expérience personnelle, et les idées qui y sont développées ne sont que le fruit de ce parcourt. Je n’ai aucune prétention à manifester mes propres idées, à part une: engager une réflexion sur le forum pour susciter quelques réactions pour l’alimenter.
Je vous remercie tous pour avoir accorder un peu de temps pour me lire, et je suis désolé si ce petit texte vous a importuné.

ANBARP

Messages : 10
Date d'inscription : 12/12/2008
Age : 63
Localisation : LYON

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: UNE EXPERIENCE

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum